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Et si les entrepreneurs s’inspiraient des pratiques du GIGN pour rebondir ?

Lors du webinaire organisé le 24 février 2021 par le Club Rebond Ile-de-France, David Corona, dirigeant de la société Incognita, a partagé son analyse et plusieurs recettes et astuces qu’il a développées lorsqu’il était négociateur pour le GIGN.

« Le GIGN est une école où la seule pédagogie enseignée est celle de l’échec » a commencé par expliquer David Corona lors du webinaire. Les forces spéciales sont recrutées non pour leurs aptitudes physiques – car le physique finit toujours par lâcher – mais aussi et surtout pour leurs aptitudes mentales. Les tests organisés ont pour objectif d’apprécier la capacité à rebondir dans les épreuves et face aux difficultés les plus extrêmes.

L’échec : une question culturelle et une étape pourtant nécessaire pour apprendre

L’appréciation de ce qui est un échec est liée à la culture ; elle dépend aussi de plein de critères (entourage, projet personnel, vécu scolaire …) et de la grille de lecture que l’on a. Pour autant, sans échec, on n’apprend pas grand-chose … En effet, c’est en étant en difficulté que l’on découvre et développe ses aptitudes de rebond. Il ne peut pas y avoir négociation sans refus ; de la même manière, il ne peut pas y avoir résilience et rebond s’il n’y a pas eu souffrance ou difficulté.

David explique qu’il y a une zone du cerveau qui s’allume uniquement quand on rate. Cela a été vérifié au tir à l’arc : si un joueur tire dans le centre de la cible du 1er coup, il a peu de chance d’y arriver à nouveau après ; à l’inverse, si sa 1ère flèche se plante loin du centre, son cerveau va programmer autrement ses tirs suivants, corriger le geste et ajuster le mouvement de façon pérenne.

Un enfant tombe en moyenne 3000 fois entre le moment où il se met debout et le moment où il commence à marcher de façon autonome. S’il fallait qu’on crée 3000 entreprises avant d’en réussir une, ce serait terrible !

Transformer son échec en s’ouvrant

Quand on est entrepreneur, l’échec fait partie du quotidien. Ce qu’il faut, c’est transformer le stress en quelque chose d’agréable et d’utile pour avancer. Pour cela, il faut s’ouvrir. On ne peut pas rebondir si on est dans la fermeture et le repli sur soi.

Par exemple, on peut se dire que, comme rien ne sera pire, il y aura quand même quelque chose de positif à en retirer. C’est parfois en arrivant à un niveau ultime de pessimisme qu’on force l’optimisme. David se souvient qu’après privation de sommeil, souffrance physique et brimades, manger une barre chocolatée était l’un des meilleurs moments partagés avec ses camarades de commando !

Cette capacité de retournement face au stress s’apprend, en regardant ce qui se fait à côté et en se faisant épauler par des gens qui ont ces capacités de rebond.

Certes, certaines choses ne s’apprennent pas. Pour celles-là, le seul moyen de savoir si on les maîtrise, c’est d’être confronté à la situation. Par exemple, en cas d’agression dans la rue, 3 types de réaction sont possibles : l’analyse avant d’agir, le stress et la paralysie, l’action spontanée sans réflexion ; on ne saura vraiment celle que l’on adoptera que lorsque l’on sera confronté à la situation.

Sur le lâcher prise, David estime que ce n’est jamais possible à 100%. Quoi qu’on fasse, on choisit une direction. Le cerveau ne sait pas s’arrêter de penser. Or les autosuggestions du type « ca va mal » créent des chemins mentaux délétères. Pour les éviter, il faut obliger la tête et le corps à vivre d’autres choses pour créer d’autres schémas mentaux. Cela suppose d’accepter la crise. C’est la condition sine qua non pour pouvoir dé-zoomer, prendre du recul et imaginer des options de rebond. C’est faire un cadeau à sa tête.

Trucs et astuces pour ceux qui penseraient être au fond du gouffre

Plusieurs actions salvatrices peuvent être lancées quand on pense que tout est perdu :

  • Prendre du recul et ne pas hésiter à se faire aider car, quand on est dans l’œil du cyclone, il est impossible de rester objectif.
  • Ecouter ses pensées négatives. Elles arrivent quand on est déconcentré. Si on cherche à les étouffer, elles vont nous submerger. Pour l’éviter, il faut accepter que le sujet nous prenne tête, et même dire merci à son cerveau pour son intention positive en envoyant des signaux d’alerte. N’oublions pas que le stress est un mécanisme fait pour nous sauver la vie. Il alerte face au risque, il veille à l’équilibre entre ce que l’on pense devoir faire et ce l’on pense être en mesure de faire. Pour faire retomber le stress, on peut par exemple se demander ce qu’on se demande en trop  : « Qu’est-ce que je suis en train de me raconter de moi par rapport à ce que je dois faire et comment rééquilibrer la balance », « Qu’est-ce que je dois me raconter de moi pour rebondir » … On peut aussi aligner sa respiration et son rythme cardiaque pour créer une cohérence cardiaque – une astuce qu’utilisent volontiers les sportifs de haut niveau.
  • Utiliser ses neurones “miroir”, c’est-à-dire ceux qui permettent de reproduire un mouvement (par exemple le service au tennis) ; aller chercher l’inspiration autour de soi et reproduire les bonnes pratiques observées chez d’autres, c’est un moyen de se mettre dans une posture d’ouverture et de trouver des pistes pour se relever.
  • Lutter contre la culpabilisation. Ce qu’il faut, c’est développer un sentiment propice au rebond. Certains auront besoin d’appliquer la méthode Coué et d’être en mode très performatif, quand d’autres se mettront la tête au fond du trou pour ensuite reprendre leur souffle.

Toujours une part personnelle

Il peut être difficile de se déprogrammer, cela peut prendre plus ou moins de temps. Et il y aura toujours des facteurs extérieurs qui altèreront la capacité de rebond et grignoteront sa barre de vie – pour faire une comparaison avec les jeux vidéo. Quoi qu’il advienne, si on essaie de remonter à la surface, de passer à autre chose, alors ce sera pour aller vers le meilleur. Chacun a en soi des ressorts psychologiques pour aller vers l’avant, il faut accepter de les laisser s’exprimer.

Pour conclure, n’oublions jamais que le pire ennemi de l’entrepreneur, c’est sa tête. C’est elle qui lui fait se dire que ce serait mieux autrement et donne envie de contourner les difficultés ; mais elle est aussi son meilleur allié car elle l’aidera à sortir de l’épreuve plus riche de ce qu’il aura appris. L’important est de progressivement s’ouvrir au monde car c’est ce qui va déterminer la capacité à rebondir.

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